Les scènes culte pour Alien 5 Eternity : L'assassinat de Nico

Publié le par Marin Stéphane

L'assassinat de Nico 

 

Attention ! Cet épisode contient une scène à caractère sexuel qui peut choquer les personnes sensibles ou intolérantes (aux effets secondaires). En effet, l’évolution des mœurs et des lois, et les polémiques relatives aux mariages gays, ont poussé l’auteur à choisir des personnages résolument modernes et tolérants de ce point de vue là, dans le but de provoquer les esprits les plus frileux. Le lecteur est à même de transposer les personnages qui lui paraissent indésirables, selon ses propres goûts. 
Résumé : Après avoir séduit Nico, le professeur Foller l'invite chez lui dans le seul but de l'éliminer pour prendre sa place de premier assistant auprès de Lady Ripley. Pour cela, il a conçu un clone de Nico et l'a infesté avec sa propre mémoire.


     Nico, ivre d’alcool et de désir, étourdi par les somnifères, ne pouvait voir les étranges coups d’œil que le professeur lançait vers le fond du labo tandis que ce dernier l’embrassait. Il aurait pu y découvrir toute la perverse hypocrisie que son amant lui cachait depuis le début. Car Foller, plus avide de sexe que jamais et épris d’un amour irrépressible pour les dehors féminins de son ex-assistant, ressentait une honte insurmontable à se l’avouer à lui-même et plus particulièrement à son second lui-même. Seul avec Nico, il aurait très certainement continué sur sa lancée et lui aurait fait l’amour aussi intensément qu’il le désirait, mais ils n’étaient pas seul. Le regard froid et lucide qu’il sentait pesé sur lui l’empêcha d’aller plus loin. Alors, sans cesser d’embrasser le jeune homme, Foller remonta lentement ses mains vers le cou gracile qui s’offrait à lui et se mit à serrer de toutes ses forces.

    Nico émit un petit cri rauque qui resta en partie coincé au fond de sa gorge. Ses  grands yeux verts, écarquillés, s’emplirent d’une soudaine détresse. La peur et l’incompréhension se figea sur son visage écarlate et le paralysa un court instant. Puis enfin, la douleur le fit réagir. Il chercha à respirer… en vain.     

   Pris de panique, il attrapa instinctivement les mains qui l’étouffaient et tira dessus de toutes ses forces. Son tortionnaire serra plus fort.  La silhouette du professeur lui apparût complètement floue. Des lumières piquantes lui brûlaient la rétine et scintillaient au travers de ses larmes. Il entendit ses vertèbres craquer et sentit une douleur aigüe lui vriller le crâne. Ses poumons étaient en train d’exploser. Le cri muet qu’il poussa faillit le faire vomir. Il frappa, griffa, planta ses ongles dans les avant-bras du professeur, puis, mû par la peur et l’instinct de survie, se débattit de tous ses membres. Ses pensées brouillées l’empêchaient de bien réagir, mais au bout du compte, il réussit à frapper Foller au tibia, avec ses hauts-talons, lui arrachant un cri de douleur. Le professeur crût pouvoir surmonter son mal et continua à serrer comme un fou, essayant d’éviter le furieux martèlement qui s’abattait sur lui.         

  Dans un sursaut de lucidité, Nico lança une de ses jambes en avant. Son genou s’enfonça violemment dans le bas-ventre de Foller, lui écrasant la vessie et les parties génitales. Le professeur en eut le souffle coupé, la douleur insupportable lui fit lâcher prise et il recula en grimaçant méchamment.    

    Nico inspira l’air bruyamment. Des milliers d’étoiles se mirent à danser devant ses yeux. Il s’élança en titubant, sans savoir où il allait, attrapant le bord de la table pour se guider et se tenir debout, s’attendant, à tout moment, à un nouvel affrontement. Il inspirait à grande goulée l’air qui lui avait manqué, essayant de se souvenir de la disposition des lieux et ne sachant que faire. La providence mit la bouteille de champagne sur son chemin, alors même que Foller se précipitait derrière lui avec la ferme intention de terminer son travail.

   Nico sentit sa présence et un terrible pressentiment l’assaillit. Celui d’une mort certaine. Il reprit soudain espoir en discernant la bouteille posée, à portée de main, sur le bord du bureau, et s’en saisit aussitôt. Il se retourna courageusement, tenant sa nouvelle arme à bout de bras, et frappa à l’aveuglette. Le verre épais tapa durement le coude de Foller. Un puissant choc électrique remonta jusqu’à l’épaule de celui-ci et le paralysa. 

- « Petit enculé…! » s’écria le professeur, en s’écartant brusquement.

    Le jeune homme recula en brandissant la bouteille. Peu à peu, sa vue s’éclaircit et il distingua plus nettement ce qui l’entourait. La porte du laboratoire se trouvait juste derrière Foller, à quelques pas seulement. C’était, pour lui, la seule échappatoire, la seule chance de s’en sortir vivant. Le regard mauvais du professeur lui glaça le sang. Ce dernier se remit à avancer d’un air menaçant. Nico comprit tout de suite qu’il ne ferait pas le poids s’il n’était pas mieux armé. En une seconde, il brisa la bouteille de champagne contre le rebord du bureau, puis fit face à son agresseur.              

  Foller s’immobilisa. Son œil recommença à gigoter dans son orbite et il ferma brutalement sa paupière. La grimace lui déforma le visage.

- « Bouh…! » fit-il subitement, en esquissant un geste en direction du jeune homme pour l’affoler.

    Nico eut un geste de recul. Le regard méfiant du professeur ne cessait d’aller et venir, passant par-dessus son épaule, pour fixer un endroit situé juste derrière lui. Le jeune homme aurait pu croire à une ruse, mais il sût au fond de lui-même que quelque chose se cachait là, quelque part, et allait fondre sur lui d’une seconde à l’autre. Il en eut froid dans le dos. Redoutant bien plus ce qu’il ne voyait pas, il s’élança en avant en criant de rage et en frappant dans le vide avec son tesson de bouteille pour repousser Foller. Et, soudain, sans qu’il ne puisse rien y faire, son talon d’appui dérapa dans la flaque de champagne qu’il venait de répandre sur le sol. Il perdit l’équilibre, son deuxième pied glissa lui aussi, et il tomba à terre. Nico tenta, dans sa chute, d’atteindre son agresseur pour le blesser.        

    Le professeur fit un bond en arrière en le voyant  pointer le tesson acéré vers son appareil génital. Nico tenta maladroitement de se relever. Une de ses élégantes chaussures à hauts-talons pendait à sa cheville et le fit à nouveau trébucher. Foller en profita pour lui tomber sur le râble, l’attrapa d’une main par le cou et de l’autre, lui tordit le poignet pour lui faire lâcher son arme.       

    Le pauvre jeune homme, terrorisé, serra le goulot de la bouteille de toutes ses forces et se débattit comme un dément. Il recula et recula encore. Son dos s’écrasa violemment contre les étagères métalliques encombrées de machines et les fit vaciller. Il bascula en arrière avec le meuble en entrainant Foller dans sa chute.       

    Les rangées d’appareils électroniques et les vieux écrans de contrôle dégringolèrent des étagères avec fracas, puis l’armature métallique bascula complètement, faisant apparaitre l’ouverture qu’elle dissimulait. Un coin du meuble accrocha, en tombant, le rideau de plastique qui pendait dans l’encadrement et l’arracha brutalement de sa tringle. La lumière du labo pénétra, alors, à l’intérieur de la cache. Émergeant de l’obscurité, un cylindre de clonage se dressait dans un coin. Cachée derrière et à peine visible au travers des parois de la machine, une silhouette inquiétante apparût soudain dans la pénombre et resta, là, à observer la terrible scène qui se déroulait sous ses yeux.

    Nico se fracassa le dos et se retrouva encastré entre les étagères métalliques, les quatre fers en l’air. Un mince filet d’air passait encore, en sifflant, à travers son larynx écrabouillé. Enragé, il balançait des coups de pieds et de genoux à tout va dans les parties sensibles de Foller et plantait ses ongles dans ses avant-bras pour lui faire lâcher prise. Épuisé par la lutte et souffrant des coups qu’il recevait, Foller cria à l’adresse de son invisible complice :

- « Bon sang…! Mais, viens m’aider ! ». 

  Nico devint soudain très pâle et ne chercha plus à se débattre, vaincu par la force de son adversaire et par celle des somnifères.  Il regardait son amant assassin de ses grands yeux verts noyés de larmes. Le professeur ne put soutenir le regard de Nico très longtemps. Son œil se mit à tourner dans son orbite et sa paupière à s’agiter nerveusement. Il ferma les yeux, les mâchoires crispées, et lui serra le cou de toutes ses forces. Il eut tort de croire qu’il l’avait à sa merci.  

   Lentement, puisant dans ses dernières et infimes ressources, le pauvre garçon, lâcha un rebord de l’étagère et laissa tomber son bras droit. La douleur lancinante guida son geste. Il tâtonna dans le vide, puis toucha soudain le goulot de verre du bout des doigts. Il eut un haut-le-cœur en le saisissant dans sa main et trembla de la tête au pied en retirant le tesson de bouteille qui s’était planté dans sa fesse. La blessure se mit à saigner instantanément à grosses gouttes. Nico remonta lentement sa main, visa la carotide du professeur et frappa brusquement. 

    Le verre coupant s’arrêta à un centimètre de la gorge de Foller. Une main puissante venait de saisir Nico au poignet et lui tira le bras en arrière. Un carcan d’acier lui enserra le cou, puis il sentit un souffle régulier lui refroidir la nuque. Lentement, inexorablement, sa main tremblante se retourna contre lui. Les pointes de verre scintillantes vinrent se coller tout près de son œil sans qu’il puisse lâcher le tesson qui le menaçait. Il loucha pour tenter d’apercevoir la main qui lui tenait le poignet et distingua vaguement, à travers ses larmes, un avant-bras, mince et très pâle, sortant d’une manche de chemise bien trop large. Il agrippa alors le bras qui lui enserrait le cou et il lui sembla tenir celui d’un enfant entre ses doigts, pas plus gros que le sien, mais dur comme le bois et strié de muscles tétanisés. Il lui fut impossible de voir le visage de son assassin. 

    Foller qui s'était éloigné de quelques pas, observait les deux Nico, d’un air médusé.

- « Tue-le…! Tue-le ! » cria-t-il, alors, à l’adresse de son clone pour le forcer à se décider, tandis que son œil se remettait à rouler dans tous les sens.

    Le clone hésita un instant. Sans qu’il en ait conscience, les muscles de sa paupière se paralysèrent avant de se mettre à trembloter furieusement à l’unisson avec le professeur. Puis, enfin, son bras surpuissant se plia en deux comme une tenaille.

    Nico sursauta une dernière fois, tendit tous ses muscles pour tenter de se dégager et « Clac…! ». Une pointe de feu lui remonta au sommet du crâne, puis explosa en un million de souffrances. La lumière l’aveugla et il mourût, les vertèbres brisées.  

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  Le nouveau Nico avait nettoyé, suturé et pansé les blessures de Foller et s’empressait, maintenant, de reprendre une apparence normale, assis face au miroir de la salle-de-bain. Le contenu d’une trousse de maquillage s’étalait devant lui sur le plateau d’une petite commode en stratifié. Les gestes du clone étaient encore gauches et disgracieux, mais il s’efforçait à les rendre plus délicats.

    Foller contemplatif, souriait intérieurement en regardant sa créature. Il caressa la robe rouge du défunt qui pendait sur le séchoir mural avec le dos de la main. Elle était l’unique relique qu’ils en avaient gardée. Son clone n’avait plus qu’à l’enfiler pour devenir Nico dans sa plus entière et intime intégrité. Leurs regards se croisèrent dans le miroir. Le clone arrêta de noircir ses cils et lui parla sans équivoque :

- « Il ne faut plus jamais se revoir…! ».

- « C’était prévu comme ça…! » répondit le professeur. Et il ajouta : « J’espère pouvoir te faire confiance…! ».

    Son «clone» se retourna soudainement en tenant son peignoir fermé par le col et lui rétorqua après un bref silence :

- « Tu ne devrais pas douter ainsi de toi-même…! ».

    Puis, il se leva et s’avança vers lui en ajoutant : « Si tu veux bien me laisser finir de m’habiller, maintenant… Merci ! » conclût-il.    

    Foller sortit de la salle-de-bain à reculons et se vit fermer la porte au nez.

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Troisième scène culte : Les funérailles de Lady Ripley

 

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