Les scènes culte pour Alien 5 Eternity : Le sacrifice de Call

Publié le par Marin Stéphane

Le sacrifice de Call

 

    Après s'être échappée de l'Auriga, Helen Ripley (clonée) se retrouve sur Terre, accompagnée de Call, une Auton (androïde) au service du gouvernement terrien. Call est chargée de ramener la Mutante (Helen Ripley) vivante et la protège tout au long de leur fuite dans les sous-sols de Paris dévasté, jusqu'à se sacrifier pour elle.

 

    La Mutante prit la main de l'Auton et la serra tendrement dans la sienne, la retenant quelques secondes auprès d’elle pour lui témoigner son affection. Call lui sourit une dernière fois, essayant de dissimuler sa tristesse. Elle aurait voulu se faire pardonner, lui montrer son admiration et lui prouver sa sincérité. Lui dire qu’elle aurait tant aimé la protéger et rester auprès d’elle à tout jamais. Mais le temps qui lui était imparti ne lui offrait plus que ce trop fragile et néanmoins intense adieu. Elle devait en profiter. La Mutante lui lâcha la main et lui envoya un baiser en souriant. L'auton ne put retenir son œil fatigué et elle se mit à loucher d’une manière charmante, carrément émouvante. Elle se redressa alors, souleva son col et retira sa longue chaine de platine, ornée d’un crucifix du même métal, qu’elle portait autour de son cou. Elle la déposa avec solennité dans la paume grande ouverte que la Mutante lui tendait. Cette dernière lui fit aussitôt l’honneur de faire disparaitre la petite croix dans son décolleté.

- « Eloignez vous vite…! Partez, partez, partez…! » s’exclama Call en se relevant. « Partez, partez… Fuyez ! » cria-t-elle encore en disparaissant tout-à-fait. La Mutante empocha le portable, puis se retourna vers Volvic.

- « Allez, mon gars. Accroche-toi à moi, on va se sortir de là ! ». Elle chargea le civil sur son dos, flaira d’un côté, puis de l’autre de la canalisation et sans hésiter, instinctivement, choisit le sens de la descente. Elle se faufila entre les longues lianes de bois dressées devant eux, les arrachant du sol où elles s’abreuvaient, et cisaillant au couteau et au fusil-mitrailleur toutes celles qui la gênaient dans son avancée. C’est d’ailleurs en voulant utiliser le second fusil qu’elle s’aperçut que le chargeur manquait ; elle s’en débarrassa aussitôt.

    De très vieux bouts de polystyrène souillé et de plastique décoloré étaient incrustés entre les grosses racines qui s’étranglaient mutuellement. Des touffes de végétaux séchés et toutes sortes d’autres choses charriées par les dernières pluies, s’y entremêlaient. La Mutante finit par en venir à bout avec méthode, rapidement, sans s’essouffler, puis elle s’enfonça dans la pénombre, Volvic agrippé sur son dos et le canidroide sous le bras. Elle pensa à Call, à l’invraisemblable amitié qu’elle lui portait… à elle, une auton… si humaine. Qu’allait t-il donc lui arriver…?

    La Mutante n’avait parcouru qu’une vingtaines de mètres quand un souffle surpuissant les projeta, elle et Volvic, vers l’avant, les plaquant violemment au sol. Le fracas de l’explosion leur transperça les tympans. Et tout de suite après, une boule de feu s’engouffra dans le conduit par la bouche d’égout, embrasant et calcinant les racines qui pendaient en travers en un centième de seconde, s’étirant de chaque côté en roulant sur les parois cylindriques, et les enveloppant d’un long manteau de gaz incandescents.      

                                                                       

CHAPITRE N° 14

 

    Call s’était retrouvée dans l’obscurité. Le vrombissement du vaisseau militaire qui stationnait au dessus d’elle et bloquait l’entrée du puits, faisait vibrer son squelette de carbone. Elle était juchée sur le tronc d’arbre et grimpait, branche par branche, vers la cime. Une lueur blanchâtre émanait de son corps et créait un très léger halo de clarté autour d’elle. Elle s’arrêta sur la dernière ramure capable de la soutenir et attendit, le nez en l’air, en se retenant aux branchages. 

    De minuscules scories de métal en fusion jaillissaient de son orbite illuminé. Un terrible court-circuit finissait de faire fondre le centre névralgique de ses sens, à l’intérieur de son crâne. Elle gardait son œil sain, fixé sur son objectif, qui ne tarda pas à arriver. Enfin…!

    Un escadron de soldats-androïdes au complet, expulsé par son vaisseau-mère, passa par l’embouchure du puits d’aération et descendit en file indienne, dans le noir. Les branches tordues et les rameaux aux piquants acérés de l’acacia ralentissaient leur progression. L’auton eut tout juste le temps de faire glisser le chargeur  planqué dans sa manche, de s’en saisir et de l’enfoncer, tout entier, au plus profond de sa blessure. Elle referma le pan de sa veste et appuya dessus de toutes ses forces. Les quelques cartouches restantes explosèrent simultanément, dans la seconde, sous l’effet de la très forte chaleur. L’onde de choc fractura alors la coque de son cœur à fusion nucléaire, provoquant instantanément une fantastique réaction en chaine.

    Les balles lui avaient perforé les flancs et une intense lumière rayonnait à travers elle par les multiples orifices qui la transperçaient. Des vapeurs de gaz brûlant en sortirent aussitôt en fusant et sifflant. La bille d’hydrogène liquide ultra pressurisé de son cœur s’était immédiatement mise à surchauffer, à fragmenter, puis à faire fondre l’épais noyau d’alliage carboné qui l’emprisonnait. L’intense brûlure se répandit en elle comme la foudre. Ça n’allait plus tarder !

    Au dessus d’elle, les premiers soldats apparurent entre les branches et la visèrent. Elle sentit un projectile, puis deux, puis trois, lui trouer l’épaule et enfin un tir groupé la cribler de part en part. Son corps irradiait de haut en bas, si intensément que ses vêtements se mirent soudain à fumer et s’enflammèrent d’un seul coup. C’était le moment ! Elle se jeta dans le vide, sous les rafales de mitrailleuses, baignant la pénombre de son feu nucléaire. 

    Incandescente, baignée d’une aura aveuglante, elle flotta un court instant, suspendue dans les airs, portée par sa propre énergie, libérée de l’attraction terrestre par l’intense champ magnétique qui se déchainait en son sein. Le mini-soleil de son cœur à hydrogène s’était mis à enfler de manière irréversible et à bouillir au contact des premiers atomes d’oxygène, entamant sa transformation… en super-nova.

    Les dernières larmes de plastique fondu s’évaporaient sur l’ossature carbone de son visage chauffé à blanc. Les balles meurtrières de l’escadron en formation au-dessus d’elle, éclataient et se dispersaient en gouttelettes, puis en vapeur de métal, avant de l’atteindre. Elle ferma ses paupières de carbone… et explosa.  

    Call disparut à jamais en un foudroyant éclair blanc. Pulvérisée. Une boule de feu dévastatrice s’évacua de la minuscule bille en fusion, la vidant sur l’instant de toute l’énergie qui s’y concentrait, et emplit le puits d’aération en une fraction de seconde, balayant les soldats, arrachant les branchages et carbonisant tout sur son passage, jusqu’au ciment des parois qui éclatait en petits morceaux. La totalité de l’escadron y passa. Le souffle surpuissant repoussa brutalement le vaisseau des militaires, qui bascula sur le côté et disparut dans le ciel.

    Tout en bas, la puissance de la déflagration avait provoqué une longue fissure qui descendait le long de la paroi jusque sur l’ancienne voie du métro. Le terre plein s’était complètement affaissé sur lui- même. D’énormes plaques et blocs de béton s’étaient effondrés dans le fond de la canalisation et en bouchaient l’accès. L’acacia tenait encore debout mais s’était embrasé et son écorce brûlait comme une torche.

 

Seconde scène culte : l'assassinat de Nico

                                                                        

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